jeudi 10 mars 2016

Walter Spanghero : « Trop d’étrangers aux postes clés »

Walter Spanghero, le maillot bleu sur les épaules. (Crédit : La Bibliotèca)

Quand les seigneurs du rugby évoquent l’équipe de France, on les écoute. Surtout quand ils vous rendent plus de 20 kilos. Walter Spanghero a aujourd’hui 72 ans et demeure un homme d’affaire averti de la région toulousaine. Sa passion pour le sport qui l’a fait roi est intacte. Son analyse pour les Bleus qu’il a connu à 51 reprises est comme son caractère : sans détour. « Il y a une très jeune et très bonne équipe de France avec Guy Novès mais nous manquons de joueurs de très haut niveau. À des postes décisifs, il faudrait des éléments de talent et d’expérience qui imprimeraient leur style de jeu. Avec les années, cela peut venir mais il y a de quoi se poser des questions. » 

Celui qui a vécu ses heures de gloire en club avec Narbonne et Toulouse de pointer du doigt l’un des maux de "son" rugby qui a bien changé. « L’un des problèmes aujourd’hui est qu’il n’y a que des joueurs étrangers aux postes clés en championnat de France. Cela s’en ressent ensuite au niveau international. »

Des solutions ? L’un des six frères Spanghero y pense. « Au-delà du statut des Jiff, il faudrait limiter le nombre de joueurs étrangers. Voir des équipes du Top 14 avec 8 ou 10 joueurs non français, ce n’est pas possible. Et ce n’est pas penser au bien des Bleus. »

Guirado a du "sang"


Pour lui, le talent n’attend pas le nombre des années. « Les jeunes joueurs que nous formons, il faut leur donner du temps de jeu pour grandir. À mon époque, j’ai connu l’équipe de France à 20 ans ! Mais avant cela, on m’a offert du temps de jeu et de quoi être confronté à des adversaires de qualité. La concurrence fait progresser mais encore faut-il qu’elle existe. »

Capitaine à 11 reprises avec le coq sur le cœur, celui qui fut l’un des avants les plus puissants de sa génération porte son regard sur le chef de meute actuel des Tricolores. « Guilhem Guirado fait partie des joueurs qui ont du "sang". Il a une force physique extraordinaire, un engagement terrible et un mental exceptionnel. C’est un très, très bon joueur qui fait partie des pièces maîtresses de ce nouveau XV de France. Après, le poste de talonneur où vous avez le nez dans le gazon est-il idéal pour être capitaine ? Il faudrait aussi un relais derrière pour prendre certaines décisions. On l’a encore vu récemment… »

Le triple vainqueur du Tournoi des Six Nations (1967, 1968 et 1973) en est à espérer un nouveau joli destin pour une équipe de France qui lui a tout donné. L’inverse est aussi vrai.

Jean-Marie LLENSE

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