mardi 30 juin 2015

Le gâchis basque

(Photo : Icon Sport)

Tout ça pour ça ! Après des semaines d'un feuilleton hollywoodien, le rugby basque reste comme avant, seuls les présidents des deux clubs concernés ont décidé de démissionner de leurs fonctions. J'ai beaucoup hésité à écrire cet édito car je pense qu'il y a déjà eu beaucoup trop de mal de fait à des gens qui œuvrent, souvent dans l'ombre, pour faire de ces deux clubs, des grandes maisons du rugby français. Mais à l'heure du dénouement, je voulais m'interroger sur cet épisode du rugby basque qui aurait pu être historique.

Faire rêver les gens

 

Vous me direz qu'il est toujours plus facile de spéculer avec des "si" après la tempête, mais cette idée de province basque avait tout pour être exceptionnelle, sauf sa réalisation. Je ne reviendrai pas sur le versant médiatique de cet épisode car à mon goût, tout le monde a eu ses torts, présidents comme journalistes. Par contre, sur le projet en lui même, je pense que pour convaincre le peuple basque, il y avait mieux à faire. Si le projet de fusion était (est ?) le seul et unique moyen de sauver ces deux clubs historiques, il fallait faire rêver les gens. À l'image du Stade Français de Max Guazzini, il fallait mettre des étoiles dans les yeux des supporters. En premier lieu, viser la création d'une grande province basque, voir basquo-landaise comme l'a souligné ce lundi l'ancien deuxième-ligne bayonnais, Michel Guilleton, dans Midi Olympique. Et ensuite, créer une identité visuelle et une équipe de rêve pour fidéliser un public déjà amoureux de son terroir. Mais encore une fois, je le souligne, c'est bien plus facile à dire qu'à faire.


Le poids de l'amateurisme


J'ai été choqué de voir que la décision d'une entente entre deux clubs professionnels était pendue au choix des licenciés de l'association amateur des clubs. On parle d'un même club, certes, mais de deux mondes différents. Les deux doivent cohabiter, c'est fondamental, mais une certaine logique devrait être respectée. D'un côté, on parle d'emploi, d'économie et de l'autre de plaisir et de passion. Je ne remet pas en cause le choix des licenciés, mais je me pose la question suivante : sont-ils les plus légitimes et compétents pour influer sur une telle décision ? J'en doute.

Je crois que cet épisode douloureux du rugby basque est une leçon pour le rugby français. Même s'il y a eu des ententes comme pour Bordeaux-Bègles et Lille Métropole, c'est la première fois qu'une idée de province est aussi proche d'être concrétisée. Je pense que c'est l'avenir pour des contrées rugbystiques comme le Pays Basque mais aussi pour le Nord, à l'Est comme à l'Ouest, où le rugby peine à se démocratiser. Mais pour cela, il faudra bien s'affranchir un jour de ces codes amateurs qui régissent encore notre sport. Ce jour-là, le rugby basculera pour de bon dans le monde professionnel.

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