lundi 1 décembre 2014

La folie Top 14

(Photo : AFP)

Pour une reprise de Top 14, nous avons été gâtés. Aucun score fleuve, que des rencontres serrées, de quoi égayer ce premier week-end hivernale en région parisienne. Deux rencontres m'ont particulièrement marqué : Toulon - Clermont et Toulouse - Grenoble. Après visionnage de ces deux matchs, on comprend mieux l'attrait du Top 14 et sa réputation de meilleur championnat du monde. Pourquoi ? Tout simplement, parce que le rugby pratiqué ce week-end sur les pelouses de France était complet. Vous allez comprendre mon propos après l'analyse des deux duels sélectionnés. Le Top 14 est à l'image de ces deux affiches, complétement fou !


Un rugby débridé

 

Procédons par ordre. Toulon - Clermont, quelle plus belle affiche pour ouvrir cette douzième journée après la coupure internationale. Les deux équipes l'avaient annoncé, il s'agissait d'un galop d'essai grandeur nature pour se préparer à la Coupe d'Europe qui reprend le week-end prochain. Que les staff soient rassurés, leurs équipes sont prêtes pour les futures joutes européennes. Je pourrais résumer ce match par un duel d'artistes. Chez les Jaunes, le bondissant Benson Stanley, le surpuissant Aurélien Rougerie et le stratège Brock James ont étincelé dans leur gestion des duels offensifs. Côté Rouge, le feu follet Delon Armitage, le taureau furieux Steffon Armitage et le maestro Nicolas Sanchez ont été époustouflants dans chaque gestes techniques. À l'aise dans l'ordre comme dans le désordre, les deux équipes ont réussi des séquences avec de nombreux turnovers sans arrêt de jeu. Les défenses étaient en place, les stratégies aussi, et pourtant, de part et d'autres, on a réussi à trouver la faille par plusieurs fois pour un total de cinq beaux essais. Un subtil mélange entre la puissance et la vitesse du Super Rugby et le combat à la française. Chapeau messieurs ! 


Le rugby à l'état pur 

 

Il n'y pas eu autant d'envolées spectaculaires lors de ce Toulouse - Grenoble. Par contre, on y a retrouvé l'essence même de ce sport : la guerre des nerfs. L'ogre toulousain avec ses six victoires consécutives, Coupe d'Europe et Top 14 confondus, était le favori parfait. D'autant plus que la rencontre se jouait à Ernest-Wallon. Pourtant, l'ogre est tombé. Sur le papier, physiquement et techniquement, Toulouse était plus fort. Comment expliquer alors ce revers à domicile ? Le mental et l'intelligence de jeu. Fabrice Landreau aussi pilier soit-il de formation, n'en est pas moins un fin stratège. En demandant à ses joueurs de privilégier l'alternance entre des séquences offensives et du jeu au pied d'occupation, il a réussi le casse parfait dans l'une des plus grosses arènes du Top 14. Sans relâche, appliquant leur plan à la lettre, les Grenoblois ont résisté aux assauts toulousains. Le troisième-ligne grenoblois, Fabien Alexandre s'est mué en un Bakkies Botha d'un soir, jouant le rôle ingrat du "Casse-couilles" de service, pardonnez l'expression. Avec ses montées en pointe, ses mains malencontreusement baladeuses dans les rucks et sa hargne au plaquage, il a tiré vers le haut tout son groupe. Ajoutez-y un ouvreur aux pieds d'or et le tour était joué. 

Vous comprenez maintenant mon introduction ? Ce week-end, nous avons eu droit à toute l'étendue du rugby proposé en Top 14, tantôt débridé, tantôt ingénieux, tantôt guerrier et surtout à chaque fois âprement disputé. Pourvu que ça dure ! 


Arnaud Rey

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